
Ostéopathie et adolescents
L’adolescence, qui débute entre 9 et 16 ans et qui se termine entre 18 et 22 ans, est souvent un passage délicat non seulement pour le jeune mais aussi pour ses parents. Elle est synonyme de chamboulements d’ordre physique, psychique, émotionnel et sexuel.
Ce sont les hormones sexuelles qui sont responsables des changements physiques : testostérone pour les garçons et estrogènes pour les filles.
Place aux poussées de croissance, transpiration plus abondante, acné, pilosité pubienne et sur les aisselles. Chez les garçons, les épaules et le torse s’élargissent, la voix mue, les organes génitaux se développent. Et chez les filles, les seins se forment, les premières règles arrivent et les hanches deviennent plus larges.
Outre les bouleversements physiques, la puberté amène avec elle, son lot de perturbations émotionnelles et psychiques. Les ados se questionnent sur leur identité, ont besoin d’affirmer leur autorité et de s’émanciper, ce qui peut générer des conflits avec les parents. De plus, se pensant invincibles, ils testent leurs limites et peuvent se mettre en danger : vitesse au volant, alcool, drogue, pratiques sexuelles non protégées… On parle de crise d’adolescence.
L’alcool est la substance la plus consommée par les adolescents : 57% des jeunes de 15 ans ont déjà essayé l’alcool au moins une fois. Près de 4 sur 10 ont consommé de l’alcool au cours des 30 derniers jours*. 1/3 des jeunes de 15 ans ont déjà utilisé des cigarettes électroniques, et 20% ont utilisé les ont utilisés au cours des 30 derniers jours.
*Enquête menée par l’OMS sur un échantillon de 280 000 jeunes – publiée en 2024

Quels maux peut traiter l’ostéopathie pour un ado ?
Le principal objectif de l’ostéopathe est d’aider les ados à avancer dans la vie avec le moins possible de douleurs et de troubles psychosomatiques, en améliorant leur santé physique globale. Grâce au rétablissement de l’équilibre des différentes structures du corps qui interagissent entre elles, une meilleure mobilité pourra s’installer, ce qui permettra de réduire les dysfonctionnements.
Ecoute et empathie sont primordiales pour instaurer le dialogue avec les jeunes patients. Le but recherché est d’en savoir le plus possible sur leurs habitudes de vie et l’environnement dans lequel ils évoluent afin que l’ostéopathe puisse aussi évaluer leur santé émotionnelle.
Traitement ostéopathique pour les désordres physiques
Les adolescents subissent de nombreuses contraintes physiques : une mauvaise posture récurrente pendant les heures passées à étudier ou encore un sac à dos trop lourd à porter qui engendrent des douleurs, une activité sportive intensive ou de haut niveau qui peut provoquer des blessures, une croissance accélérée, une disharmonie des segments et de la coordination, etc.
Ci-dessous les troubles que peut traiter l’ostéopathe :
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Scoliose, cyphose ou lordose exagérée ;
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Pieds plats ou creux ;
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Genoux valgum ou varum ;
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Inégalité des membres inférieurs ;
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Douleurs articulaires et musculaires (poignets, genoux et chevilles) ;
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Menstruations irrégulières ou douloureuses ;
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Troubles digestifs, perte d’appétit ;
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Fatigue, insomnie ;
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Céphalées ou migraines ;
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Instabilité émotionnelle, stress, anxiété, voire dépression.
Pour traiter ces troubles, l’ostéopathe pourra travailler en lien avec d’autres professionnels de santé.

Traitement ostéopathique pour les désordres émotionnels des ados
Les troubles émotionnels sont fréquents chez les adolescents. Selon une étude publiée par l’OMS en octobre 2024, près de 10% des 10-19 ans souffrent d’un trouble anxieux (crise de panique ou inquiétude excessive). Quant à la dépression, elle survient chez près de 5% d’entre eux.
En quête de leur identité propre, les adolescents sont fragiles et méritent une attention toute particulière.
Par leur rythme scolaire, les compétitions sportives, les exigences de papa et maman, ils sont soumis à une dose de stress importante et peuvent potentiellement glisser vers l’anxiété, voire la dépression, lorsqu’ils sont submergés ou qu’ils rencontrent des échecs.
L’ostéopathie et le stress
L’ostéopathie, méthode naturelle et douce, peut venir à bout du stress et de l’anxiété.
Dans certaines situations, le stress est une réponse normale et automatique du corps, qui s’avère très utile au quotidien. Par exemple, il nous permet d’appréhender et de faire face à un danger, de nous lever le matin pour aller apprendre, performer, secourir nos proches…
Les adolescents, au collège ou au lycée ou dans le cadre d’une activité sportive, peuvent être amenés à percevoir les évaluations comme une menace et non comme un défi. C’est ce que l’on appelle « anxiété de performance ». Il devient alors très difficile pour eux de progresser et de se surpasser, ce qui entraîne un mal être.
Il faut distinguer deux types de stress :
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le stress aigu qui intervient suite à une situation occasionnelle et qui est sans danger pour la santé. Les hormones de stress (l’adrénaline qui augmente le rythme cardiaque et la pression artérielle, les glucocorticoïdes qui mobilisent les réserves énergétiques vers la circulation sanguine, augmentant le tonus cardiovasculaire, et le cortisol qui augmente la pression artérielle et améliore l’apport nutritif et en oxygène aux cellules du corps pour intensifier la force musculaire) sont activées pour permettre de fuir ou combattre. Elles disparaissent après la menace.
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le stress chronique s’invite chez l’individu sur la durée, soit parce que la situation se répète, soit elle ne se règle pas. Les hormones sont produites de façon constante et leur concentration reste élevée, ce qui peut produire un effet délétère sur le corps et le cerveau.
Dès lors que l’adolescent n’est plus capable de faire la différence entre les informations menaçantes et non menaçantes, il peut alors imaginer des menaces là où il n’y en a pas, et dériver vers l’anxiété.
Si le bon stress stimule, le mauvais ou un excès de stress peut provoquer pression, fatigue, anxiété, résistance, épuisement, perte de contrôle, panique, burnout, dépression.
Une prise en charge ostéopathique, ayant pour but de relancer et rééquilibrer l’homéostasie du jeune patient en prenant en considération chaque système de l’organisme, est une réponse potentiellement indiquée pour les patients atteints d’anxiété de performance.
En ciblant le système nerveux neurovégétatif, les techniques ostéopathiques favorisent un état de calme et d'équilibre. La libération physique des tensions dans ce système ainsi que dans le système nerveux autonome permet la diminution des douleurs abdominales, musculaires, de l’hypertension artérielle, des troubles de sommeil, de la sudation excessive). Ce retour à l’équilibre se traduit souvent par un soulagement émotionnel, permettant aux patients de se sentir plus légers et plus centrés après le traitement.
L’ostéopathe travaillera également sur :
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le système endocrinien (glandes surrénales qui produisent les deux hormones du stress que sont l’adrénaline et le cortisol), hypothalamus, hypophyse, en diminuant la quantité d’hormones sécrétées pour éviter les frissons tremblements, palpitations, spasmes (hypophyse), les pertes de concentration, de mémoire et du sommeil (surrénales) ;
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la vascularisation du système liquidien pour diminuer la quantité d’hormones excessives et évacuer l’énergie accumulée dans l’organisme.
En outre, en libérant les tensions émotionnelles, le traitement ostéopathique peut aider à réduire l’insomnie liée au stress.
Enfin, il ne faut pas oublier les conseils donnés par l’ostéopathe, qui sont essentiels pour redonner une confiance optimale aux patients et les aider à potentialiser les séances et la gestion de leur stress.
En conclusion, une prise en charge ostéopathique peut diminuer la réponse biologique de stress et donc l’anxiété de performance. Habituellement après deux séances, le stress est toujours présent en période d’examen ou de compétition sportive, mais c’est un stress bien moins important, qui est maîtrisé par le patient et qui lui permet de performer.


Le saviez-vous ?
La pratique du chant permet d’activer inconsciemment la respiration abdominale, le chant. De même lorsque nous écoutons de la musique où inconsciemment notre respiration vient se synchroniser avec le rythme musical. Un rythme musical lent va apporter une respiration lente et profonde permettant de diminuer la sécrétion des hormones de stress. De plus, écouter de la musique avec des paroles permet au cerveau de se concentrer sur celles-ci, de chasser les pensées négatives qui nous envahissent lors de l’anxiété de performance et ainsi d’éviter d’imaginer une quelconque menace.
Toujours dans le but d’éliminer la quantité excessive d’énergie, exercer une activité physique présente l’avantage d’utiliser cette énergie réduisant ainsi le taux des hormones de stress. Le fait de bouger et solliciter l’énergie inutilisée, envoie le message au cerveau que l’on combat ou fuit le danger.
Le rire permet également de diminuer les hormones de stress. En effet, la réponse de stress et le rire étant contrôlés tous deux par la même région du cerveau qu’est l’hypothalamus la réponse de stress peut être limitée.
Le soutien social, de la zoothérapie, l’altruisme, peuvent aussi avoir une influence bénéfique.


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