
Qu’est-ce que l’ostéopathie ?
« L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé*. » On parle aussi d’approche systémique ou encore holistique.
*source SFDO (Syndicat Français Des Ostéopathes)
Il s’agit d’une démarche diagnostique et thérapeutique manuelle pour laquelle ne sont utilisés ni appareils ni médicaments. Elle contribue à améliorer la mobilité des tissus et l’équilibre du corps humain.
Avec le développement croissant des préoccupations écologiques, s’est développée l’approche visant
« l’adaptation harmonieuse du sujet à son environnement biologique et socioculturel ». L’ostéopathe va au-delà des traitements classiques précités, en conseillant ses patients sur leur hygiène de vie ou leur alimentation.
En bref, l’ostéopathie relève à la fois de techniques mécaniques nécessitant de solides connaissances en anatomie et biomécanique pour des gestes précis, et de l’écoute du patient et de son corps.


Histoire et concept ostéopathique
L’ostéopathie est née un matin au Kansas le 22 juin 1874 à 10h, suite à une longue gestation. Son père est le Dr Andrew Taylor Still, qui affirmait que l’art ostéopathique nécessite une étude approfondie et constante de l’anatomie. Il a notamment étudié les dysfonctionnements du rachis et du crâne mais aussi les pertes de mobilités articulaires et osseuses chez ses patients.
Origine de l’ostéopathie
Andrew Taylor Still a vécu dans l’Ouest sauvage américain, une terre de liberté pour les esprits en quête d’indépendance. L’ostéopathie est le fruit concret de l’esprit américain, qui ose franchir les limites du connu pour s’aventurer sur des terres inexplorées.
En tant que fils d’un pasteur méthodiste, les fondements de l’art ostéopathique d’Andrew Taylor Still ont été influencés, en toute logique, par ce courant religieux en faveur du progrès social, et qui attachait une importance capitale aux considérations hygiénistes. Aussi, les pasteurs de ce courant protestant recevaient une formation médicale sommaire et appliquaient des soins aux membres de leur congrégation. Andrew accompagnait fréquemment son père lors de ses tournées et l’assistait pour maintenir et rétablir la santé.
Il a également beaucoup observé les pratiques médicales des indiens Shawnees consistant à « laisser faire la nature », appelées dans le vocabulaire médical « prophylaxies ».
Lors de la guerre de Sécession, en tant qu’aide-chirurgien, il a développé ses connaissances et compétences.
Herbert Spencer, fondateur de la théorie évolutionniste et son ouvrage « Premiers principes » ont largement influencé Still dans l’élaboration du concept ostéopathique. Le vivant est désormais pétri de matière et d’esprit, mais il est aussi animé, doté d’une force vitale responsable de l’émergence de la vie et dont la qualité de l’écoulement dépend du maintien de l’état de santé au sein des organismes vivants.
Still a ensuite élaboré un modèle physiologique novateur, qui considère que l’homme porte en lui tous les remèdes nécessaires au maintien de sa santé ou à sa restauration. Il pense que l’écoulement des forces ne peut être altéré que mécaniquement, par les os. Il s’agit d’une approche mécaniste de la santé. Selon lui, « la structure gouverne la fonction ».
Mais comment expliquer les causes de l’altération de ces forces et surtout comment y remédier ? S’ensuit une multitude de recherches et d’expérimentations de traitements, puis le 22 juin 1874, il rencontre dans la rue une mère et son enfant qu’il pense atteint de la fièvre typhoïde qui sévissait à l’époque. Il remarque que la zone lombaire est très chaude alors que le ventre est très froid. En se reposant sur ses connaissances anatomiques poussées, sa palpation exercée depuis de nombreuses années, il a tenté de rétablir un équilibre dans les flux artério-veineux et nerveux de l’appareil digestif de l’enfant. Ce dernier a recouvré la santé et de nombreux autres après lui.
L’ostéopathie était née. En 1892, Still ouvrait L’American School of Osteopahy à Kirksville, Missouri.
Dans la lignée de Still, 2 courants, portés par des visions différentes, ont été créés : l’un incarné par John Martin Littlejohn et l’autre par William Garner Sutherland. Le premier incarne le mouvement mécanique et scientifique de l’ostéopathie, tournée vers des pratiques fonctionnelles et physiologiques. Le second est l’instigateur du concept ostéopathique crânien et du « mécanisme respiratoire primaire » ou MRP. On lui doit également un répertoire des techniques appliquées aux vertèbres spinales et périphériques.
Contrairement à la médecine, la méthode ostéopathique de l’époque visait à adopter une approche systémique du patient. Attentifs aux relations entre structure et fonction, les ostéopathes ne se focalisaient pas sur la zone ou l’organe défectueux, mais observaient la mobilité et la fonctionnalité du corps humain dans son ensemble et de manière unifiée.
Plus tard, ces « mécaniciens du corps », ont pris non seulement conscience de l’interaction profonde entre structure et fonction, mais aussi entre la vie psychique et émotionnelle et les dysfonctionnements qu’ils constataient. En effet, les postures ou les attitudes d’un individu pouvaient provoquer à moyen ou long terme des difficultés mécaniques.
Concept ostéopathique
Le concept ostéopathique repose sur plusieurs fondements.
-
Approche holistique
L’ostéopathie est une approche holistique de la santé qui considère le corps dans son ensemble plutôt que de se concentrer uniquement sur les symptômes spécifiques. Les ostéopathes cherchent à comprendre comment les différents systèmes du corps interagissent et influencent la santé globale.
Ainsi, toute perturbation (manque de mobilité articulaire, tension musculaire…) d’une structure a un impact potentiel sur une partie du corps voisine ou à distance.
-
Médecine manuelle
L’ostéopathie est une forme de médecine manuelle qui utilise des techniques de manipulation et de mobilisation des tissus mous, des muscles, des articulations et des os. Les mains permettent aux ostéopathes de diagnostiquer et traiter divers problèmes de santé.
-
Prévention et traitement
Prévention et traitement de diverses conditions, sont les pierres angulaires de l’ostéopathie. En effet, elle peut aider à éviter blessures et maladies en maintenant l’équilibre et la mobilité du corps. Elle peut également traiter un large spectre de dysfonctionnements, tels les douleurs musculaires et articulaires, les maux de tête, les problèmes digestifs, etc.
-
Complément à la médecine
Nombreuses sont les personnes qui envisage l’ostéopathie comme un complément à la médecine traditionnelle. Elle peut être utilisée conjointement avec d’autres traitements médicaux pour améliorer la santé et le bien-être en général.
-
Approche personnalisée
L’ostéopathie est une approche personnalisée, dont les traitements sont adaptés aux besoins spécifiques de chaque patient. Les ostéopathes prennent en compte l’histoire médicale, le mode de vie et les objectifs de santé de chaque individu, de façon à créer un plan de traitement personnalisé.

L’ostéopathie repose sur 5 grands principes
-
Principe de l’unité du corps
Toutes les parties du corps sont reliées entre elles, par la vascularisation, le système nerveux, le tissu conjonctif, les tissus lymphatique, endocrinien et cutané, ou encore les fascias. Ainsi, toute perturbation (manque de mobilité articulaire, tension musculaire…) d’une structure a un impact potentiel sur une partie du corps voisine ou à distance.
-
Principe de la relation structure/fonction
« La structure gouverne la fonction », ce qui signifie que lorsqu’une une structure est affectée, la fonction s’en trouve limitée et inversement.
La fonctionnalité de l’individu et de ses constituants dépend de la qualité des structures qui le compose. Pour être fonctionnelles, ces structures doivent être libres de toute contrainte.
-
Principe de la suprématie de l’artère
La libre circulation des fluides (artériel, veineux, lymphatique, etc) et influx nerveux garantit un bon équilibre des interactions entre les différentes structures du corps et coordonne ses fonctions avec le reste de l’organisme.
En cas de dysfonctionnement, l’ostéopathe s’assure qu’il n’y a pas de « congestion » de « carburant » (le sang).
-
L’auto-régulation du corps humain
« La nature fait bien les choses ». En effet, par ses capacités immunitaires et de cicatrisation, le corps s’adapte, se défend, récupère, guérit et s’entretient naturellement. Sauf quand il est épuisé et que l’équilibre de la structure devient instable.
Le rôle de l’ostéopathe consiste à stimuler ces capacités afin que le corps puisse retrouver son équilibre.
-
Principe musculosquelettique
On entend par structure musculosquelettique, tout ce qui se rapporte aux os, articulations, ligaments, tendons et muscles.
Un bon alignement de cette structure, une bonne mobilité articulaire et une bonne flexibilité musculaire jouent un rôle essentiel dans l’état de santé générale d’un individu.
L’ostéopathie restaure l’équilibre et la fonction le cas échéant, et prévient les douleurs liées à des dysfonctionnements.


.png)