
L’ostéopathie, thérapie holistique reposant sur des techniques naturelles, peut être une aide précieuse contre les maux d’ordre respiratoire et pulmonaire.
La sphère O.R.L. (Oto-Rhino-Laryngologie), incluant l’oreille, le nez (et les sinus) et la gorge (y compris la bouche, la langue, le larynx, la trachée), est interconnectée et communique aussi avec de nombreux autres systèmes.
Par exemple, la bouche est le début du système digestif. La trompe d’Eustache relie le milieu de l’oreille à la gorge et joue un rôle dans la régulation de la pression de l’air, nécessaire à une audition optimale. Dans la gorge, le larynx influence notre capacité à parler. La gorge, est le carrefour entre nos systèmes digestif et respiratoire, orientant l’air et la nourriture vers le conduit adéquat afin d’éviter les fausses routes. De plus, le nez, en filtrant l’air inhalé, est notre première ligne de défense contre les maladies respiratoires.
Ainsi, le système O.R.L. doit être sain et fonctionnel pour assurer la bonne santé de l’ensemble de notre corps.
Concernant les maladies du poumon, elles sont liées aux troubles respiratoires (broncho-pneumopathie, bronchite, etc.). L’ostéopathie peut traiter certains de ces symptômes.
Troubles O.R.L. et pulmonaires et ostéopathie

Rhinite et ostéopathie
La rhinite, qu’elle soit allergique, chronique ou aiguë, se manifeste par une inflammation des voies respiratoires (nez, rhino-pharynx, et larynx) qui provoque une obstruction de la muqueuse nasale, causant des symptômes tels que la congestion nasale, les sécrétions nasales plus ou moins sévères, les éternuements, ou encore des écoulements post-nasaux, une respiration sifflante, voire une toux.
Si la plupart des traitements médicamenteux visent à diminuer ces symptômes, l’ostéopathie propose une approche alternative ou complémentaire. En améliorant la mobilité des structures cranio-faciales, en facilitant le drainage lymphatique et en régulant le système nerveux autonome, l’ostéopathe permettra de diminuer la congestion nasale et d’améliorer la respiration pendant la crise en quelques séances. De plus, il favorisera la baisse de son intensité et de la fréquence des épisodes à plus long terme.
Quelques précisions sur la rhinite allergique
En France, environ 20 % des enfants à partir de 9 ans et 30 % des adultes sont confrontés aux désagréments occasionnés par les pollens (Source : article ‘’Effets des pollens sur la santé’’, sur sante.gouv.fr, mise à jour le 25/02/ 2025). Dans le cas des pollens, la rhinite est dite saisonnière, on parle aussi de « rhume des foins ». Ces symptômes peuvent être encore plus réguliers lors des pics de pollution. En effet, certains polluants chimiques de l’air peuvent modifier la réaction allergique en agissant soit sur les grains de pollen, soit directement sur les malades. De plus le changement climatique a une incidence sur l’augmentation de la production de certains pollens et leur prolifération géographique.
Plus généralement, la rhinite allergique est une inflammation des voies aériennes supérieures (nez, rhinopharynx et larynx) qui se produit lorsque l'organisme réagit à des allergènes (comme les pollens, les acariens, les moisissures, les animaux domestiques, etc.). Elle déclenche une congestion nasale obstructive, un écoulement plus ou moins sévère et des éternuements. Les voies lacrymales et la conjonctive peuvent être également touchées, ce qui entraîne démangeaisons au niveau du nez et picotements au niveau des yeux qui larmoient, ou encore un gonflement et une infection des paupières.
La rhinite allergique est facteur de risque de conjonctivites répétées et de l’apparition de l’asthme.
Outre les antihistaminiques, les corticostéroïdes nasaux, les sprays nasaux décongestionnants et les immunothérapies, l’ostéopathie a son mot à dire…
Sinusite et ostéopathie
La sinusite, caractérisée par une inflammation des sinus de la face, entraîne des symptômes tels que douleurs faciales, congestion nasale, maux de tête, et parfois même de la fièvre.
L’ostéopathe va chercher à améliorer la mobilité structurelle et tissulaire des zones associées ainsi que la fonction des os du crâne et du visage grâce à des mobilisations douces. L’objectif est de favoriser une meilleure circulation du liquide céphalo-rachidien, d’optimiser le drainage des sinus et de libérer d’éventuelles tensions qui pourraient contribuer à la persistance de l’inflammation.
Au-delà du traitement médical suivi par le patient, l’ostéopathie propose une prise en charge globale, visant à soulager les symptômes.
L’appareil respiratoire, ainsi que les cervicales seront également auscultées pour lever toute restriction. Ceci permettra une décongestion de la zone sinusale ainsi qu’une prévention des récidives.

Santé auditive des enfants de moins de 10 ans
L'enquête IFOP-JNA, réalisée le 9 mars 2023 à l’occasion de la 26ème journée Nationale de l’Audition sur la santé auditive des enfants, révèle que les enfants de moins de 10 ans présenteraient des signes de surdité précoce.
Environ 1,3 millions d’enfants de moins de 10 ans ont déjà consulté un médecin ORL pour des acouphènes selon leurs parents et chez près de 660 000 enfants, une perte auditive moyenne à sévère a été diagnostiquée. L’utilisation excessive des casques audio et autres écouteurs n’y serait pas étrangère.
Acouphènes et ostéopathie
Les personnes qui perçoivent des sons parasites en continu ou intermittents, comme des sifflements ou des bourdonnements, qu’ils sont les seuls à entendre, souffrent probablement d’acouphènes chroniques, à la différence de ceux qui sont temporaires suite à une exposition prolongée à des décibels trop élevés (concert, explosion, chantier, etc…).
Cette affection est perturbante et parfois invalidante, provoquant des problèmes de concentration, de fatigue (difficultés d’endormissement, insomnies), des soucis de compréhension particulièrement dans les milieux bruyants, de l’anxiété, voire une dépression. Dans la majorité des cas, ces effets sont bénins.
On distingue deux types d’acouphènes : subjectifs et objectifs. Les acouphènes subjectifs, représentant 95% des cas, sont inhérents à une pathologie de l’oreille comme un bouchon d’oreille, une otospongiose, des troubles de l’audition. Quant aux acouphènes objectifs, ils correspondent au bruit d’un organe, comme celui du sang qui circule dans le cou et la tête.
Sa cause peut être d’origine mécanique (bouchon de cérumen dans le conduit auditif externe ou blocage osseux au niveau cervical ou de l’étrier, du marteau ou de l’enclume dans l’oreille moyenne), toxique qui entraîne un traumatisme aigu ou chronique (trop de liquide dans l’oreille, hypertension artérielle, diabète, troubles hormonaux, prise de médicaments), psychologique (fatigue extrême, surmenage, stress ou anxiété), vasculaire (troubles circulatoires) ou pathologique (maladie de Menière, de Lyme et certaines tumeurs, hyperacousie qui se traduit par une hypersensibilité auditive aux bruits, arthrose cervicale).
L’intervention de l’ostéopathe peut soulager et traiter les troubles mécaniques et psychologiques qui correspondent à la quasi-totalité des cas.
Il procèdera à un traitement global (holistique) et aussi local incluant des manipulations crâniennes au niveau des os temporaux, de l’occiput ou des manipulations au niveau des cervicales.
Si les acouphènes sont liés à une origine mandibulaire au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), ou si un problème de mâchoire est identifié par le praticien, ce dernier pourra rééquilibrer la mâchoire de son patient et étirer les ligaments de la zone qui ont pu dérégler l’oreille interne.
Les acouphènes ayant aussi un lien avec la vascularisation et la neurologie, l’ostéopathe pourra travailler sur le MRP, un mouvement passant dans tout le corps de manière rythmique, en vue de relancer une bonne circulation générale, et surtout sanguine au niveau des temporaux.
Pour la partie neurologique, le travail crânien aura un impact sur les zones de passage du nerf auditif.
L’ostéopathe pourra aussi pratiquer des manipulations dans le but d’atténuer le stress et l’anxiété, pouvant générer des tensions cervicales.
Le traitement des acouphènes en ostéopathie permet de bons résultats dans la plupart des cas, avec une diminution de l'intensité et de la fréquence des crises.

Affections pulmonaires et ostéopathie
Les affections pulmonaires, englobant l’asthme, la bronchite, la pneumonie, ou encore la fibrose pulmonaire, ont une influence sur la capacité respiratoire et la qualité de vie des individus. Elles peuvent entraver la respiration, limiter l’activité physique et même affecter la santé mentale en raison des contraintes qu’elles imposent.
Il existe de nombreuses approches ostéopathiques pour traiter les troubles respiratoires.
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Les manipulations thoraciques qui servent à optimiser la mobilité du thorax et des vertèbres dorsales et à soulager les tensions musculaires qui pouvant affecter la respiration ;
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Le travail sur le muscle inspiratoire qu’est le diaphragme, visant à libérer les restrictions et tensions autour du diaphragme, pour favoriser un retour à une respiration normale ;
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La mobilisation costale, en travaillant sur les côtes et les articulations costo-vertébrales, dans le but d'améliorer la mobilité costale et de faciliter l'expansion pulmonaire lors de la respiration ;
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Les manipulations crâniennes, ces techniques douces qui aident à libérer les tensions au niveau du crâne et de la base du cou, lesquelles sont souvent liées à des problèmes respiratoires tels que les sinusites ou les rhinites ;
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Le drainage lymphatique qui peut soutenir la réduction des congestions en stimulant la circulation du liquide lymphatique ;
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Les techniques myofasciales qui ont pour objectif de réduire les tensions des fascias (fines membranes entourant les muscles et organes) en vue d’encourager la circulation sanguine, ce qui est bénéfique pour réduire l’inflammation.
En tant que discipline non invasive et en traitant les symptômes mais aussi leur cause, l’ostéopathie peut s’avérer être d’un grand soutien dans l’amélioration de la fonction pulmonaire pour une meilleure expansion des poumons, la diminution des symptômes des troubles respiratoires (congestion, inflammation et douleur associée) et la prévention de complications (insuffisance cardiaque ou pulmonaire).
Bronchite et ostéopathie
La bronchite, une inflammation des bronches souvent causée par une infection virale ou bactérienne, se manifeste par une toux persistante, des sifflements et parfois des difficultés respiratoires.
Dans le traitement de la bronchite, en plus de la prise d’antibiotiques ou de bronchodilatateurs, l’ostéopathie peut s’avérer intéressante concernant l’amélioration de la mécanique respiratoire, le drainage bronchique et le renforcement du système immunitaire. Pour optimiser la fonction pulmonaire, l’ostéopathe pourra travailler sur les tensions musculaires du thorax ou encore sur les restrictions de mobilité des côtes.
De plus, en agissant sur le système nerveux autonome, l’ostéopathie peut contribuer à une meilleure régulation de l’inflammation.
Au-delà du traitement médicamenteux traditionnel, avec l’ostéopathie, les patients pourront bénéficier d’une guérison potentiellement accélérée car complète.

Asthme et ostéopathie
Selon un article rédigé par l’Inserm et publié sur le site du Ministère de la Santé le 13/07/2023, 4 millions de personnes sont concernées par l’asthme en France. 10 à 16% sont des enfants et 6% des adultes. 5% des asthmatiques souffrent de crises sévères, principalement chez les plus de 55 ans.
L’asthme est une maladie respiratoire chronique des voies respiratoires, due à une inflammation permanente de la paroi des bronches, laquelle, lors de la crise devient irritée et épaissie. Lors d’une crise, les muscles lisses qui entourent les bronches se contractent et la muqueuse produit une quantité excessive de mucus, qui a pour effet de réduire le diamètre de ces voies aériennes, et donc de rendre plus difficile le passage de l’air vers les poumons. Le patient peut ressentir alors de fortes difficultés respiratoires, une sensation d’oppression, des sifflements et une toux sèche.
Il faut distinguer l’asthme allergique, dont les crises sont déclenchées par des facteurs externes comme les pollens, les acariens, les poils de chat, des aliments, de l’asthme non allergique qui se manifeste à l’issue d’un effort physique, d’un état de fatigue, d’un stress, et même lors de conditions météorologiques telles le froid ou l’humidité.
Si les traitements médicamenteux, tels que les inhalateurs ou les anti-inflammatoires, jouent un rôle central dans la prise en charge de l’asthme, l’ostéopathie en complément peut être une solution pertinente. Par contre, l’ostéopathe ne sera d’aucune utilité lorsqu’une crise se déclenche. Et en cas de persistance de l’épisode, le bon réflexe consiste à se rendre aux urgences.
L’ostéopathe peut intervenir pour prévenir ce type de crises. Plus les crises seront espacées, moins les symptômes comme les douleurs dorsales, les tensions au niveau de la nuque et du cou se feront sentir. Il réalisera un diagnostic complet des différentes structures anatomiques qui participent à une respiration optimale pour identifier l’origine des restrictions de mobilité.
Le praticien portera une attention particulière au diaphragme, ce muscle qui joue un rôle prépondérant dans le mécanisme d’inspiration, dont le fonctionnement peut être altéré par des troubles digestifs, des déséquilibres posturaux, le stress.
Il libérera les articulations du thorax (côte, vertèbres) afin que les poumons puissent avoir la place de mieux se gonfler et ainsi augmenter le volume d’air à l’intérieur.
Il veillera également à libérer de toute contrainte mécanique les structures nerveuses qui contrôlent la respiration ainsi que les structures vasculaires qui assurent le fonctionnement des poumons.
Cette approche ostéopathique vise non seulement à faciliter la respiration, mais aussi à renforcer le système immunitaire et à équilibrer le système nerveux autonome, réduisant ainsi le risque de réactions inflammatoires excessives.


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